J'ai récemment fini Pour un soulèvement écologique, de Camille Étienne. Il y a tout un chapitre où elle explique cette impression de trahir sa terre (elle a grandi en Savoie) parce qu'elle alerte sur sa fragilité, ce qui va en opposition avec le caractère fort et fier des gens de la montagne, pour résumer. Il suffit pourtant de regarder la fonte hallucinante de la Mer de Glace - impressionnant glacier au pied du Mont-Blanc - pour comprendre et s'alarmer de la transformation de nos paysages, de nos territoires. De s'inquiéter de l'urgence climatique, tout simplement. C'est un chapitre qui a fait écho en moi, tant je sens que la campagne où j'ai grandi est elle-même fragile et menacée. D'année en année, les évènements météorologiques ne cessent de rappeler à quel point nous ne sommes pas prêts. Je vois des routes s'installer à la place de bois remplie de vie. Je vois des terres agricoles de plus en plus grandes. Je vois des cours d'eau à sec ou au contraire, qui déborde et inonde tout tant les champs de monocultures et l'absence de végétation rendent les valons lisses et incapables de retenir les pluies diluviennes. Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme je vais participer au combat écologique, c'est quelque chose qui naîtra sans doute dans les prochaines années, mais je ne pourrai pas rester les bras croisés. Qui sait, peut-être qu'il commencera ici, dans et avec mon travail photographique ?